Expertise en sociocratie reconnue à l’échelle internationale
La sociocratie est bien plus qu’une méthode agile qu’il suffirait d’apprendre sur le plan « technique ». Elle engage un développement organisationnel global et commence par une volonté : accepter de se laisser transformer soi-même et de faire évoluer la collaboration. Elle aide ainsi les organisations à mettre en place l’auto-organisation de manière cohérente.
La méthode d’organisation sociocratique en cercles (SCM) peut conjuguer efficacité, efficience et humanité. Pour y parvenir, il faut des connaissances systémiques, du temps, de la patience, de la clarté, de la constance ainsi qu’une réelle confiance dans la capacité d’apprentissage des personnes et des organisations.
La collaboration se transforme en profondeur lorsque chaque personne est entendue sur un pied d’égalité et fait l’expérience de son pouvoir d’agir : elle peut influencer les décisions là où elle est directement concernée. La sociocratie favorise ainsi l’intelligence collective, car elle intègre véritablement la diversité de ses membres.
À partir de ces deux démarches de mise en œuvre, nous partageons ici nos principales expériences et les enseignements que nous en tirons.
Une transformation qui demande de la persévérance
Le passage du mouvement « Économie pour le Bien Commun Suisse » – qui accordait une grande liberté d’action à ses membres, tandis que le comité constituait le point de convergence de presque tous les sujets – à l’organisation en cercles « ECOnGOOD Switzerland », dotée de missions claires, de compétences décisionnelles définies et d’une orientation commune, a exigé beaucoup de persévérance et un investissement en temps considérable de la part des membres actifs. Il a également nécessité des ressources financières, accordées par une fondation sur une période de deux ans.
Les facteurs déterminants ont été les suivants :
- une orientation claire de l’organisation et une raison d’être de la SCM portée collectivement,
- un engagement ferme du comité, assumant la responsabilité du processus, ainsi qu’une direction prête à s’investir dans la démarche d’apprentissage,
- un cercle de mise en œuvre doté d’un mandat légitime et suffisamment de temps pour apprendre et se familiariser avec les rôles sociocratiques,
- une attention soutenue aux résistances, aux relations et aux formes de pouvoir informel,
- l’implication et la reconnaissance des personnes à l’origine du mouvement ainsi que des membres fondateurs,
- du coaching et un soutien rapide pour la direction des cercles, complétés par des espaces réguliers de pratique et de réflexion autour des nouveaux rôles ;
- un plan réaliste de mise en œuvre et d’apprentissage, ainsi qu’une communication transparente sur les efforts nécessaires à l’introduction de la méthode.
Nos recommandations aux entreprises et aux start-ups
- Clarifiez pourquoi vous souhaitez travailler selon les principes sociocratiques.
- Faites-vous accompagner par une personne externe, en particulier durant la phase de démarrage.
- Ne confondez pas expertise professionnelle et expérience concrète de la sociocratie dans votre propre organisation.
- Prévoyez suffisamment de temps pour vous exercer et réfléchir ensemble à votre pratique.
- Répartissez dès que possible les rôles et les responsabilités sociocratiques.
Introduire la sociocratie dans sa propre entreprise tout en endossant plusieurs rôles – notamment celui d’experte en sociocratie – représente un véritable défi. Il est essentiel d’être à l’écoute de son propre consentement, de nommer les tensions suffisamment tôt et de faire superviser l’équipe par une personne externe.
